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De la question socialement vive à l’objet d’enseignement : comment légitimer des savoirs incertains ?

La « crise de l’école », souvent évoquée, est en partie une crise de légitimité des savoirs scolaires : il paraît donc important de s’interroger sur ce qui leur donne sens et ce qui fonde leur légitimité sociétale. La posture est confrontée aux différents champs disciplinaires et à leur construction. La problématique de la légitimité des savoirs scolaires est particulièrement délicate lorsque les savoirs à construire renvoient à des questions socialement vives, lesquelles interfèrent largement avec les pratiques sociales des élèves et des enseignants. Le questionnement doit prendre en compte les représentations sociales de l’école, les rapports aux savoirs, l’échelle du risque des disciplines scolaires et la « bonne distance » à maintenir. Il conduit à une réflexion sur l’épistémologie des savoirs scolaires face à la crise de leur légitimité.

Yves Alpe et Angela Barthes, « De la question socialement vive à l’objet d’enseignement : comment légitimer des savoirs incertains ? », Les dossiers des sciences de l’éducation [En ligne], 29 | 2013, mis en ligne le 01 avril 2013, consulté le 18 septembre 2018.

URL : http://journals.openedition.org/dse/95  ; DOI : 10.4000/dse.95

Questions Socialement Vives, et Education au Développement Durable. L’exemple de la question du changement climatique

Alain Legardez. Questions Socialement Vives, et Education au Développement Durable. L’exemple de la question du changement climatique. Revue francophone du développement durable (Clermont-Ferrand), 2016.

Nous proposons un positionnement théorique susceptible d’éclairer des pratiques d’éducation, d’enseignement, de formation et d’information sur des questions liées aux transitions écologique et énergétique, aux changements climatiques – et, plus largement, sur des questions liées à l’environnement et au développement durable -, à partir des travaux menés sur les « questions socialement vives » (QSV). Nous examinerons également des questions de méthodes utilisées dans ces travaux et de statut du chercheur qui vise à co-construire des savoirs pour l’action sur ces questions. Une illustration de la grille d’analyse des QSV sera proposée ensuite à partir de l’exemple de la question des changements climatiques.

https://hal-amu.archives-ouvertes.fr/hal-01794781/document

Une étude des postures enseignantes adoptées lors des débats sur des questions socialement vives (QSV) liées aux technologies de la convergence (NBIC) menés avec des élèves de collège

Nathalie Panissal, Agnieszka Jeziorski  Et Alain Legardez, 2016

La didactique des questions socialement vives (QSV) s’inscrit dans une éducation citoyenne. Elle permet, dès l’école, d’interroger la soutenabilité du monde et le projet de la modernité (émancipation, bonheur des humains, droits de l’homme). Intrinsèquement interdisciplinaire, elle remet en question la polarisation disciplinaire et les logiques de pensées construites depuis le siècle des lumières. Elle admet de bousculer les grandes théories morales pour s’ouvrir à d’autres approches éthiques – telle l’éthique de care -, de concevoir l’engagement comme une enquête sur la polymorphie des situations quotidiennes. Pensée dans ce contexte, la didactique des QSV s’inscrit dans une éducation qui sollicite la démarche du doute. Elle oblige enseignants et apprenants à considérer la problématisation, la capacité au questionnement pour enquêter et résoudre une énigme (Chevallard & Ladage, 2011). Il s’agit d’amener l’apprenant à penser par lui-même à mobiliser une pensée d’excellence (Lipman, 2003) à la fois critique, créative et attentive. Par ailleurs, lors d’une étude menée sur le risque d’enseigner pour des futurs enseignants du secondaire français et québécois dans le cadre de la didactique des QSV, nous avons pu dégager des tensions mettant en évidence la coexistence de deux postures épistémologiques : l’une transmissive et l’autre transformatrice-critique (Jeziorski, 2014). Cet article s’inscrit dans le prolongement de ces travaux. Nous approfondirons l’étude de ces tensions à partir de l’analyse d’un exemple de débats de QSV liées à des nanotechnologies. Nous repositionnerons ensuite nos résultats dans le réseau plus large des tensions repérables dans des situations de didactique des QSV.

https://www.unilim.fr/dire/786

Enseigner des questions socialement vives en SVT

Présentation de la conférence de G. MOLINATTI, MCF médiation des sciences et sociétés, LIRDEF UM-FDE Chercheur au Centre Norbert Elias (EHESS-CNRS-AMU), Marseille (Plan Académique de Formation – DAFPEN Montpellier, 25 Novembre 2015)

Ce document de type power point comporte de nombreuses illustrations et exemples. Consacré aux controverses socio scientifiques, Il est structuré en 5 parties : les controverses socio scientifiques comme objets d’enseignement (QSV), les recherches sur les controverses socio scientifiques et sur leur enseignement, les méthodes et modalités d’enseignement : autour de la démarche d’enquête, la contextualisation / authenticité et le traitement des QSV et les  postures individuelles et collective et enseignement des QSV.

http://disciplines.ac-montpellier.fr/svt/sites/svt/files/fichiers/pdf/conference_qsv_molinatti_2015.pdf

L’enseignement des sujets controversés dans l‘école française : les nouveaux fondements de l’histoire scolaire en France ?

Benoît Falaize, avril 2014

Cet article jette un regard sur les fonctions sociales de l’histoire à l’école, en France, pour décrire les principales finalités de l’enseignement de l’histoire, régulièrement énoncées depuis la seconde partie du XIXe siècle. L’auteur rappelle la problématique de l’enseignement des questions sensibles de l’histoire, qui émerge dans les débats scolaires, publics et politiques français. Accompagnant en cela les débats autour des questions de mémoires, les activités de classe sont soumises à l’interrogation d’une société tout entière invitée à scruter le dedans de l’école et de ses contenus d’enseignement de l’histoire, afin d’y voir occultations, manquements, ou amnésies nationales. Ensuite, l’auteur analyse le tournant mémoriel qui date des années 1980 qui s’observe dans les prescriptions scolaires, pour parler du problème de la place qu’ont en classe les traumatismes de l’histoire nationale et aussi de la manière dont l’histoire est convoquée pour dire la victimisation, pour dire l’horreur de l’histoire, comme, par exemple, la question de la Shoah ou de la colonisation et la réaction des élèves en face de tels sujets sensibles.

http://www.revistas.udesc.br/index.php/tempo/article/view/2175180306112014193/3065

Panorama de recherches autour de l’enseignement-apprentissage des Questions Socialement Vives.

Simonneaux, L. & Simonneaux, J. (2014). Panorama de recherches autour de l’enseignement des Questions Socialement Vives. Revue francophone du Développement durable, 4, 109-126

Dans la société actuelle, les interactions entre sciences, technologies, technosciences et sociétés sont prégnantes. Le courant de l’enseignement des Socio-Scientific Issues (SSI) 1 a été développé en réponse à cette situation et est devenu l’une des principales tendances dans les recherches en didactique des sciences. Le courant de l’enseignement des Questions Socialement Vives (QSV) présente des similarités et des distinctions par rapport à celui des SSI. Dans cet article, nous présentons différentes variations liées à l’enseignement des SSI/QSV. L’enseignement des QSV/SSI peut « réchauffer » ou « refroidir » les questions abordées (Simonneaux, 2013). Il est possible de distinguer un continuum d’enjeux éducatifs entre ces deux pôles, sous-tendus par des choix épistémologiques, axiologiques et politiques. En parallèle, diverses variations sont observables : sur l’engagement et la rationalité des enseignants, sur les influences socioculturelles, sur les stratégies didactiques. Diverses visées d’éducation peuvent être retenues isolément ou conjointement : éducation scientifique, citoyenne, humaniste, politique.

https://www.researchgate.net/publication/281826475/download

Pourquoi et comment enseigner les questions socialement vives (QSV) à l’école ?

Conférence par Nadine FINK et Philippe HAEBERLI (Module EAT 1-journée de co-formation du 9 décembre 2010)

Une présentation de la conférence mise en ligne sur le site de l’Université de Genève. Le document de type power point comprend plusieurs parties, notamment une définition de la notion de questions socialement vives, les enjeux en matière d’enseignement. Il rend compte aussi du débat autour du traitement de questions socialement vives et il présente l’exemple d’une recherche sur une QSV : situations de débats autour du réchauffement climatique.

https://www.unige.ch/fapse/bsep/files/6214/1217/5251/CoFopresentation.pdf

L’enseignement de controverses socioscientifiques

Quels enjeux sociaux, éducatifs et théoriques ? Quelles mises en formes scolaires ?

Virginie Albe, 2009

Depuis plusieurs années des recherches dans le champ des didactiques des disciplines ont porté sur des questions dites socialement vives, qui font débat entre scientifiques et experts et également débat public, mobilisant et divisant des groupes sociaux particuliers (scientifiques, experts, associations, médias, entreprises…). L’importation dans l’école de telles controverses socioscientifiques pose à nouveau frais dans le champ des didactiques des disciplines la question de la prise en charge de la diversité des références, des savoirs et des pratiques d’institutions diverses et interroge sur les finalités et mises en formes scolaires de questions et débats porteurs d’enjeux sociaux controversés. Ce questionnement invite en outre à considérer les mutations des professionnalités enseignantes et à documenter les contributions des disciplines à l’étude de questions socialement vives et leurs relations aux « éducation à ».

https://journals.openedition.org/educationdidactique/414?lang=en

L’école à l’épreuve de l’actualité, enseigner les questions vives

Simonneaux, Laurence. « L’enseignement des questions socialement vives et l’éducation au développement durable », Pour, vol. 198, no. 3, 2008, pp. 179-185.

Dans le monde francophone, s’est développée la problématique de l’enseignement des questions socialement vives (Legardez & Simonneaux, 2006). Ces questions sont vives à trois niveaux, celui de la recherche, celui de la société et en classe. Les questions socialement vives font l’objet de controverses entre spécialistes des champs disciplinaires et/ou entre les producteurs de savoirs non académiques (professionnels, associations, consommateurs…). Elles sont empreintes d’incertitudes, dans les savoirs de référence comme dans les implications sociales.

https://www.cairn.info/revue-pour-2008-3-page-179.htm

Efficacité des contextualisations authentiques dans le traitement de Questions Socialement Vives liées à l’écocitoyenneté.

Simonneaux Laurence & Legardez Alain

Colloque international  « Efficacité et équité en éducation », Université Rennes 2, 19/20/21 novembre 2008

Nous analysons, ici, l’efficacité de diverses stratégies didactiques fondées sur l’approche des QSV à partir d’une comparaison de cinq situations didactiques. Les situations varient en fonction des jeux didactiques et des enjeux épistémologiques visés, mais aussi en fonction de contextualisations plus ou moins « proches » sur le plan socio-culturel. Quelles que soient les contextualisations (réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, pollution, présence du loup dans le Mercantour, changement climatique, impact environnemental de l’importation de viande néozélandaise), elles mobilisent les références socio-culturelles et les pratiques sociales des élèves, freinant ou stimulant l’apprentissage scientifique.

https://esup.espe-bretagne.fr/efficacite_et_equite_en_education/programme/symposium_legardez_lsimonneaux.pdf

L’enseignement au Québec et en France des questions controversées en histoire : tensions entre politique du passé et politique de la reconnaissance dans les curricula

Marc-André Éthier, Françoise Lantheaume, David Lefrançois, 2008

Cet article traite de l’expression des tensions entre la politique du passé et la politique de la reconnaissance dans l’enseignement des questions controversées en histoire au Québec et en France. L’histoire à enseigner y a connu d’importantes évolutions. Ces évolutions concernent la conception même de l’histoire et son rôle dans la société. Elles sont porteuses de tensions quant à ce qui est légitime pour « dire/faire l’histoire », donc à la part de récit commun et de critique ou à la part de cohésion des groupes nationaux pluriculturels et de transmission de mémoires, ainsi que d’expériences historiques spécifiques.

https://www.acelf.ca/c/revue/pdf/XXXVI_1_065.pdf

« L’enseignement des « questions vives » : lien vivant, lien vital entre Ecole et société »

Ce dossier, de 18 pages, constitue une bonne introduction à la question de l’enseignement des questions vives en classe. En prenant appui sur les travaux de recherche en cours lors de sa publication ce  dossier fournit des définitions, apporte des éléments de méthodologie et propose un tour d’horizon des pratiques en France et dans d’autres pays.

Cavet Agnès (2007). « L’enseignement des « questions vives » : lien vivant, lien vital entre Ecole et société ». Lettre d’information de la VST, n° 27, mai.

http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/LettreVST/27-mai-2007.php?onglet=pdf

L’actualité scientifique s’invite dans la classe par Laurence Simonneaux, version longue de l’article « Vivre des controverses scientifiques en classe »

On pourrait dire que l’actualité scientifique revêt deux formes lorsqu’elle s’invite en classe : celle de l’annonce d’avancées scientifiques incontestées et celle des questions controversées. Toutes les deux peuvent faire l’objet d’un traitement sensationnaliste par les médias auquel peuvent accéder les enseignants et leurs élèves.
Dans cet article, je m’intéresserai plus particulièrement aux questions d’actualité porteuses de controverses. En effet, ce sont celles-là qui soulèvent le plus de problèmes dans leur traitement par les enseignants et ce sont aussi celles qui soulèvent le plus de questions et motivent le plus les élèves.

http://www.cahiers-pedagogiques.com/L-actualite-scientifique-s-invite-dans-la-classe

Enseigner les controverses pour favoriser l’apprentissage de l’histoire et de l’éducation à la citoyenneté ; détails de la mise en œuvre et des apprentissages possibles

Catherine Duquette, CRIFPE1 , Université Laval2

L’holocauste, le terrorisme, l’islam ainsi que la souveraineté du Québec sont rarement abordés en classe d’histoire, non pas parce que ces sujets ne cadrent pas avec les demandes des programmes d’études, mais bien parce que ces questions sont sources de controverses. En effet, les enseignants sont généralement peu enclins à traiter des sujets controversés en classe, soit par crainte de problèmes de gestion de classe, soit parce que ces sujets ne figurent pas dans les programmes d’études (Hinde, 2004). Cependant, est-ce qu’un enseignement de l’histoire qui évite systématiquement toute forme de controverse peut réellement espérer former des citoyens « […] capables, d’une participation sociale ouverte et éclairée, conformément aux principes et aux valeurs démocratiques » (MELS, 2003, 338) ? Peut-on former des citoyens actifs et critiques tout en évitant de discuter des questions vives retrouvées dans sa société ?

http://irahsse.org/wa_files/DUQUETTE.pdf